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à bientôt
Christophe Thiry
Conseils et bonnes pratiques de modélisation des processus métier

Bonjour,
Je souhaiterais partager avec vous quels retours d’expérience un peu techniques autour de la modélisation de processus, activité totalement
indispensable à maîtriser pour l’urbaniste du SI.
On peut trouver dans le commerce toute une série de bons livres sur le sujet. Voir plusieurs posts précédents.
Liens.
Aussi,je ne souhaite pas expliquer à nouveau la technique de base mais vous montrer à l’aide d’exemples les diverses règles que je me suis forgées au fil du temps pour un processus métier de bonne qualité (selon mes propres critères). N’hésitez pas à les commenter. Je serai très heureux de vous répondre, n’ayant pas la prétention à connaître la vérité absolue.
L’apparence visuelleOn peut discuter sans fin sur les questions de rendu visuel des processus métier.
Certains préfèrent les diagrammes « en swimlane », d’autres (dont moi) préfèrent les diagrammes linéaires.
A vous de trouver la forme qui vous convient et que vous jugez la plus pratique.
Personnellement je trouve que les diagrammes linéaires sont plus facile à manier lors d’un entretien de modélisation. On peut plus facilement faire et défaire des hypothèses sans avoir à subir la lourdeur de l’outil.
Le juste nommage du contenu des processus métier.
Qu’est-ce qu’un « bon » modèle de processus métier ?
Pour moi, c’est un modèle qu’un tiers peut lire et comprendre sans explications. C’est un diagramme autoporteur.
Pour atteindre cette qualité, il faut, selon moi, veiller à une formulation ultra explicite des activités et des informations.
Les activités.
Tout d’abord les activités sont à nommer sur le modèle « verbe + complément d’objet direct » donc pas de phrase nominale.
Le verbe doit être un
verbe d’action.
L’ensemble décrit synthétiquement l’activité sans référence :
- à l’acteur qui réalise cette activité (qui ?)
Mauvais exemple : « envoyer la commande au bureau 25 »
Exemple correct : « envoyer la commande au service fournisseur »
- à l’endroit où cette activité est réalisée (où ?)
Mauvais exemple : « préparer le plateau en salle blanche »
Exemple correct : « préparer le plateau de matières premières »
- au moment où cette activité est réalisée (quand ?)
Mauvais exemple : « distribuer les journaux du matin »
Exemple correct : « distribuer les journaux »
- à la façon pratique de réaliser cette activité (comment ?)
Mauvais exemple : « lire le code barre du colis »
Exemple correct : « identifier le colis »
Exemple de verbes qui ne sont pas des verbes d’action devant être rigoureusement proscrits dans votre modélisation : « Gérer » « Traiter ». Il va falloir vous défaire d’une mauvaise habitude de tout un chacun quand il s’agit de décrire une situation :
- « traiter » ne veut rien dire
- « gérer » ne veut rien dire
Exemple : que signifie « Gérer le personnel » Est-ce « Etablir les feuilles de paie ? » est-ce « Enregistrer les changements de carrière ? » Non, c’est un « sac » d’activités « en vrac », et non un processus métier dont les activités s’enchaînent pour la création d’un résultat terminal.
C’est une stratégie d’évitement de dire la vraie chose.
La présence de l’informatique dans les processus métiers.
Je conseille également, pour rendre plus pérenne les modèles métier, d’éviter tout référence aux applications informatique dans le nommage de l’activité.
Nommage initial « saisir le résultat d’analyse dans XYZ » - OK mais si un jour on change d’application XYZ ? Reformulé en « saisir le résultat d’analyse ».
De plus, la « saisie » est souvent une échappatoire.
- pour dire ce qui est saisi
Exemple : « Saisir dans SAP » : saisir quoi ?
- pour dire ce qui est fait avant la saisie, est qui souvent est le plus important que la saisie en elle-même et qui constitue l’essence de l’activité
Exemple « Saisir l’évaluation financière dans ZTE » reformulé en « évaluer financièrement l’établissement » (= la saisie ne représente plus que la dernière étape, négligeable en temps par rapport au gros du travail d’analyse) ici, l’acteur évite de dire la réalité de son travail. La question est : « OK vous me parler de votre application ZTE mais ce qui m’intéresse c’est ce que vous faites avec votre cerveau »
Les informations et les objets métiers.
Ensuite les informations sont à nommer sur le modèle « nom + adjectif». L’adjectif, facultatif, représente un changement d’état. Exemple « Commande validée », sous entendu, dans l’état précédent, la commande ne l’était pas.
Ces noms doivent représenter un objet métier, encore appelé un « concept métier ». Le mot concept fait un peu intello, mais cela veut dire qu’il s’agit d’un élément de vocabulaire servant à décrire le métier.
Les noms suivants sont à éviter rigoureusement : « Donnée » et « Information ». Ces noms sont en général utilisés pour éviter de nommer la vraie chose.
- « données » ne veut rien dire. Tous les métiers consistent à manipuler des données
Exemple « les données RH » lesquelles ? les fiches de paie ? les dossiers d’embauche ?
- « information » ne veut rien dire. Tous les métiers consistent à manipuler des informations
Quelques contre-exemples marrants, rencontrés couramment dans certaines entreprise : « les données enrichies » (avant elles sont plus pauvres !), « les données indexées ».
Ce n’est pas fini. Souvent, on nomme les objets métier
- en fonction de la forme
Exemple : « la boite hexagonale », « le diagramme en étoile »
- en fonction de la couleur
Exemple : « la boite noire »
- en fonction du lieu où se trouve l’objet
Exemple : « la salle machine du sous sol »
- en fonction du moment où il se passe quelque chose pour cet objet
Exemple : « le courrier de la matinée »
- en fonction du propriétaire de l’objet
- en fonction du temps où l’objet a été créé
Exemple : « l’étude préalable » - (rencontré très souvent dans les méthodes de conduite de projet informatique) C’est un nommage temporel : le nom ne dit pas ce que l’étude contient ma que l’étude a eu lieu préalablement. Préférer « étude d’opportunité ». Ca dit ce que c’est : le résultat de l’étude
Je conseille de proscrire également
- le nommage négatifs d’objets métier
Mauvais exemple : « Agents Non Financiers » ==> sorte de ‘fourre tout’
- le nommage d’objets métier par extension
Mauvais exemple : « Autres personnels » ==> autre sorte de ‘fourre tout’
- les noms vagues et indéterminés
Exemple : « éléments »
Exemple : « items »
Finalement, ces divers conseils montrent de nouveau une stratégie d’évitement de dire la vraie chose.
J’ai tellement rencontré ce genre de phénomène que j’ai édicté le second principe de thermodynamique des processus métier qui peut s'énoncer ainsi « S’il le peut, le cerveau humain évite de nommer les choses comme elles sont ».
Si vous avez d’autres règles de ce type n’hésitez pas à m’en faire part dans ce blog. Je serai heureux de compléter ma collection…
Alors que faire ?
Alors maintenant qu’on sait ce qu’il faut éviter comment trouver le bon nom pour nos activités et nos objets métier ?
Je conseille de nommer les activités métier de sorte que la lecture permettre de répondre systématiquement à la question QUOI et POURQUOI.
· Quel est le travail réalisé ?
· Dans quel but ?
Je conseille de nommer « fonctionnellement » les objets métier, c’est-à-dire en trouvant un nom qui évoque
- l’activité qui le produit. Ex : « rapport d’audit financier » ça dit bien ce que ça veut dire : il y a eu un audit financier, cet audit a produit un rapport… le nom = la chose
- l’usage qui en est fait
- leur contenu. Ex : « plateau de fruits de mer »
Je conseille également de privilégier des nommages pérennes, dégagés de l’informatique, des gens, des lieux, du temps …
Le nom en usage du métier vs le nom qu’il faudrait.
Souvent on me rétorque que dans le métier c’est tel nom qui est utilisé (« étude préalable ») c’est pourquoi toute nouvelle proposition est inutile.
Dans ce cas, je marque souvent dans le processus les deux noms : le mien, celui qui est en usage côté métier. Tout le monde est content.
Exemple « Réaliser l’étude préalable (étude d’opportunité) »
Il y a encore beaucoup à dire sur la question, mais je garde cela pour un prochain post.
Pour s'amuser (si tant est que l'on puisse s'amuser avec ce genre de sujet), voici un contre-exemple de processus métier à éviter. Essayez donc seulement de comprendre ce que ca fait...

J'aime bien le : "Traiter les aspects de gestion" :-))
A bientôt
Christophe
Référentiel vs Gisement

Bonjour,
Voici ma réponse à une question posée sur le blog de Xebia
http://blog.xebia.fr/2008/04/10/urbanisation-pour-les-nuls/Je cite "
Je ne comprends pas la difference entre la zone Referentiel & Gisement de données (et j’ai pas mal étudié le livre de Longépé!). Dans cet exemple, on peut s’imaginer que Voyage et Tariff peuvent être modifiés souvent (place disponibles, prix qui augmente chaque semaine quand la date s’approche, etc.). Je ne comprends pas le critere de decider si un bloc est referentiel ou gisement. Cela fait plusieurs années que je me pose cette question."
PS : fallait me le demander plus tôt ... :-)
Quelle est la différence entre Référentiel et Gisement ?En gros on peut dire que dans un SI, on choisit de classer les informations en deux catégories
- les informations "privées", n'ayant pas vocation à être largement partagées au sein du SI - elles restent locales à une application informatique
- les informations "transverses", ayant justement vocation à être largement partagées - elles sont elles mêmes de deux types :
- les informations "stables", variant "peu" dans le temps (tout est relatif...) Exemple : Client, Produit, Compte bancaire (il ne s'en crée pas 'souvent')
- les informations "à cycle de vie rapide", se renouvelant souvent. Exemple : Opération sur compte bancaire (il s'en crée très 'souvent')
Alors, les Référentiels sont des applications centralisatrices des informations
- fortement partageables sur le SI
- stables - cycle de vie lent
Et les Gisements (encore appelés quelquefois 'Puis de données') sont des applications centralisatrices des informations
- fortement partageables sur le SI
- à cycle de vie rapide
Comment choisir entre Référentiel et Gisement ?
Tout dépend de votre degré d'appréciation du cycle de vie rapide. Il y a une part de subjectivité (comme dans toute activité de conception)
Il n'y a pas un critère objectif, si ce n'est "est-ce que le choix vous semble en phase avec votre compréhension du métier de entreprise ?"
Pour reprendre l'exemple de Voyage et Tariff : si votre analyse du métier vous conduit à penser que les Tarifs évoluent souvent, vous pouvez (devez ?) choisir le Gisement ! Ca deviendra votre choix, contextualisé à votre entreprise.
Ce qui compte, c'est que l'urbanisme vous permette d'exprimer la réalité de votre entreprise telle que vous la percevez.
à bientôt
Christophe
MOA vs MOE

Un touriste voyage en montgolfière et, pas de chance, il s’est perdu. Alors, en voyant un berger dans un champ, il passe sur le champ en rase motte, et, de la nacelle, il s’adresse au berger :
« Dites, moi, mon ami, pouvez-vous pouvez me dire où je me trouve ? »
Le berger lui répond :
« Vous êtes dans une montgolfière à cinq mètres au dessus du sol ».
Alors le touriste lui lance :
« Vous, vous êtes certainement une Maîtrise d’œuvre : si je vous pose une question, vous répondez par quelque chose
1 - que je sais déjà et
2 - qui ne me sert à rien ».
Et le berger lui réplique :
« Vous, vous êtes certainement une Maîtrise d’ouvrage :
1 - vous posez mal votre question,
2 - vous vous étonnez de ne pas avoir la réponse voulue, et
3 - en plus c’est de ma faute ! ».
Christophe
(Merci Isabelle)
L’ordinateur idéal
Je me sous souvent demande pour quelle raison j’avais autant envie d’envoyer mon PC par la fenêtre. Et bien je crois avoir trouvé la réponse.
Le PC est toujours pour moi une source de grand étonnement.
Ma vieille Ford Fiesta rouge de quinze ans lui est bien supérieure sur bien des points.
Il lui faut entre 10 et 15 minutes pour démarrer, qu’il soit en panne ou non.
Ma Ford, elle, démarre tout de suite après le tour de clé. Quand elle est en panne, elle ne démarre pas.
Il me fait attendre quand j’en ai besoin. Je suis en pleine rédaction ou en train de présenter un travail au vidéoprojecteur et … badaboum, le CPU monte à 100% pendant trois minutes. Il y a toujours une bonne raison : un antivirus à mettre à jour, un patch de sécurité à installer, un service Windows à monter…
Quelquefois, le réseau devient indisponible. Très bien. Seulement, mon PC se met à l'attendre et me bloque avec l’application qui « ne répond plus » pour reprendre ses propres termes.
Un peu comme si, quand je suis sur l’autoroute, ma Ford refusait de dépasser 30 km heure sous le prétexte fallacieux qu’elle doit appliquer un patch de sécurité sur le carburateur…
Le sketch 'internet' d’Anne Roumanoff est assez intéressant car on peut effectivement prendre une partie de ses remarques au pied de la lettre.
http://michbuze.club.fr/lavache/anne_roumanoff_internet.htm(la vidéo youtube n'est plus disponible)
Et je ne parle pas de Windows Vista, commercialisé alors qu’il n’est pas rendu compatible entièrement avec l’imprimante qu’on achète pourtant au même magasin. (« ah, mon brave monsieur, le driver d’imprimante n’est pas mise à jour pour Vista… », pas vrai, Didier ? :-))
Bon, on connaît tous ces petits problèmes. On dit même un peu pompeusement que « l’industrie informatique n’est pas à la même maturité que ses consoeurs », bel euphémisme.

[Au moment où j’écris ce texte, j’ai un svchost.exe qui viens de se lancer et me prend 100% du CPU. La preuve ci-contre.]
Que font donc les constructeurs informatiques ?
Et bien, il y en a un qui a mis deux microprocesseurs sur une puce. Puis ensuite il a mis deux fois deux microprocesseurs sur une puce.
Son concurrent n’a pas apprécié, il a répliqué avec une approche radicalement nouvelle. Il a mis quatre microprocesseurs sur une puce …
On est au moins sur d’une chose : ca ne résout aucun des problèmes évoqués précédemment.
En particulier parce que le supplément de puissance ainsi créé est entièrement consommé par Windows Vista qui occupe toute la place et au final j’ai des applications qui tournent moins vite et moins bien. Mais avec un joli écran animé.
Je critique, je critique. Mais, après avoir réfléchi au moins dix bonnes minutes, je crois avoir trouvé la solution.
Voici donc, en avant première mondiale, l’architecture d’ordinateur « Christophe »
Mon ordinateur idéal serait composé de deux « sous-systèmes » qui communiquent .
Le premier est entièrement pour l’utilisateur : on y met exclusivement les programmes informatiques de l’utilisateur et rien d’autre.
Le second est entièrement pour le système : on y met tout le reste, Windows Vista, l’antivirus, les patchs de sécurités, les couches réseaux, et toutes les autres cochonneries qu’ « ils » peuvent inventer pour nous emm… la vie. Celui-ci doit rester allumé, et s’il démarre, il le fait avec le minimum de conditions pour permettre à l’autre sous-système de donner la main à l’utilisateur au plus vite.
Voici une illustration du concept.

À bon entendeur, messieurs les constructeurs informatiques, appropriez-vous cette idée, je ne dépose pas de brevet, mais faites moi un ordinateur qui fonctionne pour moi et pas pour lui.
Ben quoi ? On peut rêver un peu, non ?
à bientôt
Christophe

Bonjour,
Sur le lien ci-dessous vous pouvez voir l'interview du DSI d’Air France-KLM, de découvrir tout le bien qu'il dit de l’urbanisme et de comprendre l'usage qu’il en fait pour la gouvernance informatique de son entreprise.
Christophe Thiry
Mettre en place rapidement un outil d'urbanisme ?

Faut-il mettre en place rapidement un outil d'urbanisme ?
Ci-dessous un lien vers un article de bpms.info relatif à l'urbanisation.
http://www.bpms.info/article.asp?ref=370L'article vient d'un consultant Casewise.
J'ai longtemps pensé qu'il fallait mettre en place rapidement un outil d'urbanisme (à ce titre, Corporate Modeler est très bien) mais j'ai changé d'avis depuis.
Cependant, pour mettre en place une nouvelle activité, on conseille toujours de procéder par "étapes de maturité", à la manière de CMMi. Ces étapes sont valables que ce soit pour l'urbanisme ou un autre domaine
- étape 1 : travail maîtrisé par les experts - le savoir faire est incarné par les acteurs clés
- étape 2 : travail maîtrisé par le processus - le savoir faire est également incarné par la méthode de travail, qui est rédigée - permet de faire entrer dans le cercle des non experts
- étape 3 : travail outillé - permet de réaliser des gains en rapidité d'exécution
- étape 4 : travail auto-améliorant - optimisation du processus
L'outil n'est pas un pré-requis pour démarrer. Au contraire.
Ce qui est un pré-requis, c'est la personne possédant le savoir faire.
J'ai souvent pu observer que la mise en place trop précipitée d'un outil d'urbanisme se fait au détriment de la maîtrise du travail par lui même, alors l'outil d'urbanisme a spontanément tendance à devenir une fin en soi.
L'article le dit bien "Il est important de noter que
la cartographie n’est pas une fin en soi" cependant, il préconise indirectement l'adoption de leur système.
Si l'on souhaite publier les cartographies, l'outil d'urbanisme deviens indispensable.
Mais pour faire le travail d'étude proprement dit, les outils bureautiques (Office+Visio) par exemple, suffisent amplement, IMHO. D'ailleurs, je n'utilise rien d'autre.
Christophe Thiry
Conception des données de référence

Je relaie également un guide méthode pour la conception des données de référence et la déclinaison dans les outils de MDM (Master Data management) écrit par Pierre Bonnet (Orchestra Network).
Merci
Christophe Thiry
Urbanisation pour les nuls par Xebia

J'ai vu récemment un excellent article du blog de Xebia
... qui explique les basiques avec de bons schémas explicatifs bien clairs.
Je relaie donc cet article.
Merci à Nicolas.
Christophe Thiry
Vue métier et vue technique
Cette question m’a souvent été posée soit directement, soit à travers les requêtes Google qui mènent à mon blog. (merci SiteMeter !)
En général, on explique que
- Vue applicative : décrit les applications
- Vue fonctionnelle : décrit les fonctions implémentées sur les applications
- Vue métier : décrit les travaux réalisés par les acteurs, en s’appuyant ou pas sur l’informatique
Ce qui conduit naturellement à se demander ce que c’est qu’une « fonction ».
Une fonction, c’est un ensemble de données + traitements informatiques cohérents, aidant un acteur à réaliser une tâche.
Une fonction n’est pas une tâche.
Il faut dire que les informaticiens sont souvent les derniers à savoir dégager les fonctions de leurs applications. L’exemple ci-dessous est une bonne illustration de la vision applicative.
Il s’agit d’un extrait d’un cahier des charges réel (Rendu anonyme).
Lisez le texte et s’il vous plait essayez de dégager les fonctions de cette application.
Texte original :
Constitution initiale d'un entrepôt de regroupement de toutes les données nécessaires à tous les utilisateurs potentiels, à partir des bases de production intra et hors métier, et de provenance extérieure à l’Entreprise.
Rafraîchissement périodique de cet entrepôt à partir de fichiers issus des mêmes sources
Calculs d'agrégats à partir de critères prédéfinis,
Calculs d'agrégats à la volée
Consultation des données élémentaires et agrégées à partir de requêtes prédéfinies et à la demande,
Travaux statistiques élaborés
Récupération des résultats sur divers supports (éditions papier, fichiers informatiques, outils bureautiques).
Suivi de l'utilisation des données par d'autres métiers (consultation ou extraction),
Opérations de simulation et études ponctuelles nécessitant des paramétrages, des créations et mises à jour de données,
Alimentation d'autres systèmes opérationnels,
Accréditation des utilisateurs aux données.
Analyse :
Pour moi, ce texte est vraiment choquant. On a l’impression qu’il dit quelque chose, mais en fait il ne dit rien.
Voilà maintenant comment j'interprète le texte :
Constitution initiale d'un entrepôt
de regroupement
de toutes les données nécessaires à tous les utilisateurs potentiels, à partir des bases de production intra et hors métier, et de provenance extérieure à la Banque
Rafraîchissement
périodique de cet entrepôt à partir de fichiers issus des mêmes sources 
Calculs d'agrégats
à partir de critères prédéfinis,
Calculs d'agrégats à la volée 
Consultation des données élémentaires et agrégées à partir de requêtes prédéfinies et à la demande,
Travaux statistiques élaborés 
Récupération des résultats sur divers supports (éditions papier
, fichiers informatiques , outils bureautiques).
Suivi de l'utilisation des données
par d'autres métiers (consultation ou extraction),
Opérations de simulation
et études ponctuelles nécessitant des paramétrages
, des créations et mises à jour de données,
Alimentation 
d'autres systèmes opérationnels,
Accréditation des utilisateurs aux données
.
Conclusions :
Le texte est applicatif. Il s’applique aussi bien à ce système qu’à n’importe quel autre système.
Finalement, ce machin qui importe, mélange et exporte des données, ca sert à quoi ?
Vous pourrez remarquer que l’auteur du texte fait précisément plein d’effort pour échapper à cette question.
Quand on décrit l’applicatif, on ne dit rigoureusement rien du fonctionnel. Alors que c’est le point le plus important.
L’applicatif décrit le contenant, le fonctionnel décrit le contenu, le métier décrit l’usage.
Alors que fait-il ce système ? … suspense … il … fournit les statistiques des demandeurs d’emploi. (par exemple !)
Notre travail à nous zôtres les zurbanistes, consiste précisément à s’y retrouver dans le b.....l de l’informatique d’une entreprise, avec des montagnes de documents, mais finalement, rien ne décrit vraiment les choses.
Il faut aimer les puzzles.
Christophe Thiry