SOA ou Entreprise Architecture ? la réponse d'Henri Chelli

Bonjour,
Une fois n'est pas coutume, je vais faire l'éloge d'un article de la presse informatique.
Le dernier "01DSI", page 37
http://www.01net.com/rubrique/4051.html
contient un article de Henri Chelli "Oublions un peu les SOA" qui résume assez bien ce que je pense de l'urbanisme du SI.
Je cite
« Finalement, il ne s'agit plus de chercher comment mettre en oeuvre une SOA ou une AE, mais bien comment étendre les bonnes pratiques à la couche métier qui coiffe le système d'information. Naît alors la vraie difficulté : découper la couche métier pour lui faire correspondre des services fonctionnels, lesquels seront reliés à des services applicatifs… et ainsi de suite jusqu’aux couches basses de l’infrastructure »
Ayant eu l'occasion de faire plusieurs fois cette démarche, je vous assure que lorsqu'on part du modèle métier et qu'on descend les couches... on voit à quel point le SI n'est pas nécessairement en phase avec le métier.
Et vous pouvez illustrer ceci avec la large majorité des articles de ce blog.
De plus, si vous adoptez la terminologie "service fonctionnel / applicatif", vous viendrez alors spontanément et naturellement vers une déclinaison technique sur un architecture SOA...
Christophe Thiry


3 Comments:
Bonjour.
Je n'ai pas eut l’occasion de lire cet article de 01DSI mais il me semble mettre le doigt sur un point qui m’apparaît extrêmement stratégique et passionnant : l’interface entre l’activité métier de l’entreprise et le service informatique censé l’assister au travers de son système d’information.
Une première réflexion me conduit à penser qu’il n’est pas étonnant de constater des différences structurelles entre l’organisation du métier de l’entreprise et son activité informatique puisque la première précède (et parfois depuis longtemps) la seconde. Ensuite il me vient à l’esprit le fait que puisque les systèmes d’information se sont greffés aux composantes métiers de l’activité de l’Entreprise, ils auraient du s’y adapter parfaitement, car postérieures à eux et donc susceptibles d’y puiser toute l’information utile pour répondre parfaitement au besoin. Mais finalement je conclus par une analyse en plusieurs points.
Premièrement, et c’est un point capital à mon avis, rares sont les métiers qui ne changent pas dans leurs activités et donc dans leurs besoins. Aussi le problème de maintenir une parfaite cohésion entre l’activité métier d’une entreprise et son traitement d’assistance par l’informatique devient de plus en plus inextricable. Car l’informatique est rapidement devenu un métier à part entière (à 35 ans, je ne l’ai pas vécu personnellement, mais il est facile de le constater aujourd’hui) qui lui même doit faire face à une forte dynamique des marchés, des métiers, des techniques. Le métier de l’Entreprise et son informatique sont deux mondes dont la plasticité structurelle inhérente conduit inévitablement à ce que j’appelle des « frictions d’interfaces ».
Le Second point s’intéresse à la notion de « verticalité » dans la diffusion de l’information au sein des organisations. On l’observe assez bien il me semble, dans la difficulté qu’éprouvent bon nombre de structures européennes (pour ne pas dire française) à adopter des méthodologies comme ITIL, CMMI, ou bien COBIT qui issues d’une culture plus anglo-saxonne, prônent (ou bien prennent appuis sur) une bonne dose de « transversalité ». Je me souvient avoir longuement discuté, et à plusieurs reprises au cours de ma carrière (longue de seulement 9 ans), du « schisme » inhérent au rapprochement des deux notions « Communication Top/Down & Bottom/Up » et distinction la distinction (encore une fois très française) MOE/MOA.
Enfin, et ce sera mon troisième et dernier point, je ne peu m’empêcher de discerner un certain vis dans le rapprochement que certains font entre le métier de l’informatique et la notion d’information. Je suis d’avis que « le système d’information à proprement parler » existait bien avant l’avènement de l’informatique, et que l’entreprise utilisait déjà un ensemble « d’outils » dédiés au traitement de l’information que l’on aurait déjà pu qualifier de système d’information et qui n’étaient pas forcément électroniques. Considérer l’informatique simplement comme un outil d’aide au traitement de l’information ne traduit pas sa composante créatrice et transformatrice de l’ensemble du circuit. Soit il s’agit d’un banal outil d’aide au traitement de données (informatique de gestion) et a ce moment là on ne peut lui reprocher la mauvaise communication, organisation du « métier » de l’entreprise. Soit il s’agit du système qui régit l’ensemble de l’information et alors il convient de transformer en profondeur bon nombre des mentalités (des structures, et des méthodes) du monde de l’entreprise. Mais il me semble que cela est en train de se produire.
Un commentaire sur le premier commentaire.
Vous dites :
"Une première réflexion me conduit à penser qu’il n’est pas étonnant de constater des différences structurelles entre l’organisation du métier de l’entreprise et son activité informatique puisque la première précède (et parfois depuis longtemps) la seconde."
Au contraire moi je trouve celà étonnant. Comment l'informatique peut-elle supporter efficacement l'activité de l'entreprise si elle n'est pas alignée avec le métier de l'entreprise ? Même si l'informatique n'est pas "urbanisée", elle supporte nécessairement le métier car aujourd'hui, pas d'informatique => pas de métier (qu'on le veuille ou non).
Même si l'informatique n'est pas "urbanisée", elle supporte nécessairement le métier
C'est une excellente remarque.
En effet, le métier peut être fortement informatisé et l'entreprise fonctionne.
Cependant le SI présente souvent des symptômes:
- symptômes métier (je dois faire une double saisie, je dois changer d'application pour faire autre chose)
- symptômes fonctionnels (il manque une appli, j'ai fait un Excel-Ware pour compenser)
- symptômes informationnels (je dois retravailler les rapports sortis par le SI)
- etc...
Tout a un coût.
Les symptômes du SI n'empêchent pas l'entreprise de fonctionner car chacun d'eux est pallié (personnel réalisant la double saisie, retravaillant le rapport...)
On comprend d'autant mieux la question : veux-on aller vers une meilleure adéquation métier / SI?
Est-ce que l'entreprise préfère payer des gens pour remédier aux symptômes du SI ou pour avoir une contribution de valeur à l'exercice du métier ?
C. Thiry
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