Des spaghettis aux lasagnes
Bonjour,Il y a eu un temps où ‘on’ nous décrivait souvent le système d’information comme un ‘plat de spaghetti’. Et que c’est mal, mon cher monsieur. C’est mal d’avoir un SI qui ressemble à un plat de spaghetti. Pire, plat de spaghetti au gruyère, avec encore plus de fils qu’on tire et plus on tire plus ils s’allongent. Beurk.
Il y a eu une nouveauté assez récente sur cette question épineuse. Maintenant ‘on’ se croit bon d’ajouter que le bon système d’information est celui qui ressemble à des lasagnes. Mmmmh, c’est bon les lasagnes.
Des spaghettis, nous sommes dont passés à l’ère des lasagnes.
Enfin, j’étais en train de penser à tout ca quand le directeur général assis en face de moi me demandait justement comment on saura si son SI est 'urbanisé' ou non. J’ai failli lui répondre « Cher Monsieur, nous verrons s'il ressemble à des lasagnes » Heureusement, je n’en ai rien fait. Je ne sais pas s’il m’aurait pris pour un simple idiot, pour un sympathique demeuré, ou pour un imbécile patenté.
A bien y réfléchir, si on poursuit cette métaphore alimentaire italienne je ne suis même pas sur que le bon système d’information doive vraiment ressembler à des lasagnes.
Moi, j’aime bien les pâtes en forme de nid. Les petits nids douillets et indépendants, où on est chez soi, où on peut faire ce qu’on veut sans être embêté par un méchant maître d’œuvre qui exige le respect des normes et de la méthodologie de conduite de projet.
Moi, j’aime bien aussi les pâtes multicolores, de plusieurs sortes différentes avec des parfums différents, pour obtenir des résultats différents.
Il y a aussi des pâtes vertes. C’est ce qu’on appelle le « green IT ».
Moi, j’aime bien aussi les pâtes al dente, légèrement croquantes, le délai d’obtention est moins grand que pour les pâtes trop cuites et en plus elles sont tellement meilleures. Seulement, allez savoir pourquoi, le maître d’œuvre retarde souvent la livraison… mais alors, les pâtes sont trop cuites.
On peut les faire soi même avec une machine à pâtes en 'développement spécifique' mais on peut aussi les acheter 'sur étagère', plus exactement sur l’étagère du supermarché. Les spécialistes savent bien que les raviolis fait maison ont incontestablement une autre saveur. Mais quand on a faim, on sort tout de suite un paquet de tortellinis du placard.
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les pâtes faites maison, on en fabrique souvent beaucoup d’un seul coup, on en a donc une bonne réserve qui dure donc assez longtemps, alors qu’un paquet de pâtes toutes faite se consomme très vite. C’est comme les progiciels, tous les quatre ans, il faut racheter le même.
Finalement, la métaphore culinaire est encore largement inexploitée. Elle a peut être encore de l’avenir pour l’urbanisme, …
Pâtistiquement vôtre
Christophe







5 Comments:
Bonjour Christophe.
Ta métaphore de la lasagne me fais curieusement penser aux 4 couches de l'urbanisme dogmatique...
Le plat de spaguetti perdure depuis xx années (remplacer xx par l'age du mainframe), mais faut-t'il passer à la lasagne ?
On a rarement vu un restaurant réussir avec une seule recette !
Cdt.
Bonjour Anthony
Il y a un grand courant de pensée en ce moment autour de la métaphore du spaghetti/lasagne. C'est un plat que nous sert pas mal. Les vendeurs de prestations de conseil n'ont que ca à la bouche, si j'ose dire.
On n'est effectivement pas obligé de considérer que c'est en soi un symptôme (pour le spaghetti) et encore moins une solution (pour la lasagne).
@+ Christophe
Bonjour Christophe,
J'adore les pâtes!
Mais ma femme n'aime pas. Je subis donc les dommages collatéraux du matraquage dukanien.
Ton article me fait penser au mouvement DIY.
Dans les SI, si on ne dispose pas de budget pléthoriques, d'une hiérarchie (très) compréhensive et d'intégrateurs (très) compétents, alors inutile de se servir dans les rayons des monop, sinon les pâtes risquent d'être indigestes.
Je privilégie la "discrétion" que peut apporter un DIY. Si ça ne marche pas, ça n'aura pas coûté beaucoup d'argent, mais ça aura révélé à peu de frais, les limites du SI et aura fait travaillé des équipes internes sur des sujets complexes, sans le louvoiement d'une MOE extérieure.
Par contre, si on succombe trop vite à notre faim, alors il faut se préparer à la double peine: une plâtrée indigeste, vite mise à la poubelle. Pas très ragoutant en ces temps de disette :-)
Je me permets de compléter ton article par une analyse très terre-à-terre, postée sur le blog de Xebia
Où G. Bodet critique les méthodes d'intégration d'ESB. Je suis actuellement confronté à ce problème et je trouve ce point de vue intéressant. Il est aussi question de pâtes ;-)
Bonjour Kamel,
L'article est très bon et confirme bien que l'ESB ne fait que reproduire dans ce seul système la complexité initiale des branchements inter-applicatifs.
Ceci dit, cette complexité des branchements inter-applicatifs est souvent "normale" et ne pose pas de problème en soi.
Ce qui peut poser un problème, c'est quand on ne sait plus, après beaucoup d'échanges, qui est le maitre de la donnée... Et si on ne sait pas qui est maitre de la donnée, la mise en place d'un ESB ne va pas apporter grand chose.
@+ Christophe
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